C’est devenu un rendez-vous incontournable de la place genevoise. Naef a organisé sa désormais fameuse conférence « The Wealth Report 2026 » à l’Hôtel des Bergues, le Four Seasons de Genève, réunissant le temps d’une soirée les acteurs clés de l’immobilier de prestige et de la gestion de fortune. Les équipes de SIZE ont tenu à être présentes à cet événement, qui décortique chaque année les grandes tendances de la fortune mondiale à travers le très attendu rapport de Knight Frank.
Chaque année, le cabinet britannique Knight Frank publie son fameux Wealth Report, une sorte de baromètre de la fortune mondiale. L’édition 2026, qui fête au passage ses vingt ans d’existence, dresse le portrait d’un monde où les grandes fortunes continuent de grossir à toute vitesse, mais où elles doivent aussi composer avec un contexte géopolitique de plus en plus instable. Voici les principaux enseignements que l’équipe SIZE a retenus de cette soirée.
Toujours plus de millionnaires, et plus vite que jamais
Le chiffre qui frappe le plus dans ce rapport, c’est le rythme de création de richesse. Selon le modèle de Knight Frank, la population mondiale des UHNWI — les fameux « ultra-riches », possédant plus de 30 millions de dollars d’actifs — a dépassé les 713 000 personnes en 2026. C’est près d’un tiers de plus qu’il y a cinq ans. Concrètement, cela représente environ 89 nouvelles personnes qui franchissent ce seuil chaque jour, quelque part dans le monde.
Les États-Unis restent largement en tête de cette dynamique, avec à eux seuls plus de 40 % des nouvelles grandes fortunes créées récemment. Mais le rapport souligne aussi la montée en puissance de l’Inde et de la Chine, deux pays qui jouent désormais un rôle moteur dans cette expansion. En cinq ans, le nombre de millionnaires en dollars en Inde a par exemple bondi de plus de 60 %.
Une richesse de plus en plus concentrée... et de plus en plus mobile
Le rapport revient sur un concept qu’il avait lui-même mis en avant dès sa première édition en 2007 : la « plutonomie », cette idée qu’une minorité de très riches pèse de façon disproportionnée sur l’économie mondiale.
Vingt ans plus tard, le constat est sans appel : ce phénomène ne s’est pas atténué, il s’est même renforcé, porté par la technologie et la financiarisation croissante des économies.
Mais cette concentration de richesse s’accompagne d’un autre phénomène : une mobilité accrue.
Entre la hausse des impôts sur la fortune dans certains pays et un climat politique parfois hostile aux grandes fortunes, de plus en plus de riches investisseurs adoptent un mode de vie que Knight Frank qualifie d' »ultra-mobile ».
Beaucoup ne passent désormais plus que quelques semaines par an dans chacune de leurs résidences, préférant multiplier les bases entre plusieurs hubs mondiaux. Londres et New York gardent leur statut de places financières incontournables, mais Dubaï, Singapour et Hong Kong gagnent du terrain comme nouveaux carrefours de la fortune mondiale.

L'immobilier de luxe résiste, porté par la rareté
Sur le marché immobilier, le constat est plutôt étonnant : malgré des taux d’intérêt élevés et un contexte économique tendu, les prix de l’immobilier résidentiel de luxe ont continué de grimper, avec une hausse moyenne de 3,2 % en 2025 selon l’indice phare du rapport, le PIRI 100.
Le Moyen-Orient tire clairement son épingle du jeu, avec une progression de 9,4 %, portée notamment par Dubaï (+25 %). Mais la vraie surprise vient de Tokyo, où les prix de l’immobilier prime ont explosé de près de 60 %, conséquence d’un yen faible qui attire les acheteurs étrangers.
Cette résistance du marché de luxe s’explique en partie par une pénurie chronique de biens « clé en main » et par l’appétit croissant pour les résidences de marque, entièrement gérées et prêtes à l’emploi — un argument de poids pour des propriétaires qui passent de moins en moins de temps chez eux.
Le luxe change de visage
Autre tendance forte du rapport : la façon de consommer du luxe évolue, notamment chez les plus jeunes fortunes. On observe un glissement progressif d’une consommation tournée vers le statut social — montres, voitures, sacs de marque — vers une recherche d’expérience, de bien-être et d’exclusivité. Cette « économie de la transformation », comme la nomme le rapport, pousse les marques de luxe, les clubs privés et les hôteliers à proposer des expériences sur mesure plutôt que de simples produits.
Du côté des objets de collection, le rapport note un repositionnement intéressant : alors que le marché du luxe « grand public » perd des clients (environ 70 millions de consommateurs en moins en trois ans, faute de prix devenus trop élevés), les marchés de l’art et des objets de collection — montres, vins, voitures de collection, et même les estampes d’artistes — retrouvent des couleurs, portés par des acheteurs en quête d’authenticité et de rareté plutôt que d’ostentation.

Ce que ça change pour les investisseurs
Le message central de cette édition anniversaire est clair : le monde stable et prévisible qui a façonné les vingt premières années du rapport — inflation maîtrisée, liquidités abondantes, mondialisation continue — a cédé la place à un environnement bien plus fragmenté.
Entre tensions géopolitiques, inflation persistante et dette publique record, les grandes fortunes doivent désormais composer avec davantage d’incertitude.
Dans ce contexte, le rapport identifie la rareté comme le véritable moteur de valeur à venir : domaines historiques, terrains en bord de mer difficiles à reproduire, actifs dotés d’une vraie provenance. Plutôt que l’opulence pure, c’est la combinaison rareté, confidentialité et résilience qui semble désormais guider les choix des investisseurs les plus avisés.
Une soirée riche en échanges pour l'équipe SIZE
Au-delà des chiffres, cette conférence organisée par Naef à l’Hôtel des Bergues a surtout été l’occasion d’échanger avec les autres professionnels de l’immobilier de prestige et de la gestion de fortune présents à Genève.
Pour l’équipe SIZE, ce type d’événement confirme une intuition de terrain : la demande pour des biens rares, bien situés et porteurs d’une vraie histoire ne faiblit pas, bien au contraire. Autant de tendances que nous suivons de près, au quotidien, dans nos propres recommandations à nos clients.